Une Belle Menace

Un silence coloré

Le couvert coloré et dense que forment les fleurs pourprées dans un grand nombre des plus belles terres humides du Canada est d'un calme étrange. Le silence qui règne dans ces endroigts habituellement animés frappe vos oreilles et vous dit que quelque chose ne va vraiment pas.

Vous ne voyez plus la famille de rats musqués qui faisait des rides sur l'eau. Vous n'entendez plus le claquement familer de la queue du castor. La multitude d'espèces d'oiseaux chanteurs indigènes ne sont plus que quelques-unes. Les cerfs ont disparu, de même que les ratons laveurs, la sauvagine, les oiseaux de rivage et les torteus peintes qui partageaient cet habitat. La pêche est maintenant hors de question. Vous ne pouvez ni voir, ni entendre, ni même toucher l'eau, car l'épaisse végétation vous empêche de pénétrer à plus de quelques mètres dans le marais. Les carex, les roseaux et les herbes indigènes ont disparu, tout comme la végétation aquatiqur flottante et submergée.

Si vous fréquentez cet endroit depuis cinq à dix ans, vous aurez constaté que la mort de ce milieu humide a été graduelle. Quelle étourderie les gens ont-ils pu commettre pour détruire cet écosystème autrefois riche et diversifié?

Une meurtrière magnifique

Il n'y a pas vraiment de mystère. La meurtrière est la salicaire poupre (Lythrum salicaria), une plante à fleurs robuste d'Europe introduite accidentellement en Amérique du Nord au siècle dernier. Depuis, la salicaire a envahi, lentement mais sûrement, les terres humides et les voies d'eau de l'est du Canada surtout, mais aussi de la Columbie-Britannique.

Dans d'autres régions, particulièrement dans les Praireis, l'invasion est attribuable aux graines des spécimens plantés innocemment dans les jardins et qui ont réussi à gagner les lacs et cours d'eaus environnants. Comme la salicaire pourpre n'a pas d'ennemi naturel en Amérique du Nord, elle a étendu son aire dans toutes les provinces canadiennes. Elle se répand à un rythme alarmant et on la trouve maintenant d'un océan à l'autre.

Une plant parfaite

La salicaire pourpre est pourtant une jolie plante résistante. Une fois plantée, elle semble pourvoir durer éternellement. Rien ne semble atténuer sa vigueur. Pourquoi s'en préoccuper?

Justement parce que rien ne sembel atténuer sa vigueur. La salicaire envahit les étangs, les plages, les marais, les lacs et cours d'eau, les fosses-réservoirs, les canaux d'irrigation et de navigation et les fossés. Elle peut même coloniser les étangs d'épuration des effluents! Tout lac ou cours d'eau peu profond servant de milieu de vie peut être envahi par la salicaire pourpre. Tout plan d'eau qui ne reçoit qu'une seule graine peut finir par être complèment étouffé par cette plante indésirable.

La perte d'espèces sauvages

Une fois qu'une terre humide est envahi par la salicaire, l'habitat diparaît et la productivité des communautés indigènes de plantes et d'animaux est grandement réduite. Les habitats des plans d'eau environnants risquent aussi d'être détruits. Il n'y a pas de place pur les espèces fauniques délogées. Les populations de poissons et d'invertébrés qui ne peuvent se déplacer sont perdues à jamais. La perte des habitats naturels causée par cette plante dévastatrice est incommensurable.

Caractéristiques de la salicaire pourpre:

Hauteur: 3 à 6 pieds (1 à 2 mètres)

Tige: carrée, ligneuse, plusiers tiges par plant

Feuilles: bords lisses, directement sur la tige de chaque côté

Fleurs: longue pointe rose/pourpre, de juin à septembre

Une plante robuste

La grande facilité avec laquelle la salicaire colonise un site est due à sa grande prolificité: chaque plante peut produire jusqu'à 2,7 millions de graines en une saison. Ces graines sont transportées par les oiseaux, les animaux, l'eau ou le vent, et peuvent rester viables pendant des années.

Dès qu'une de ses graines touche la sol humide, la salicaire pourpre devient très compétitive. Elle croît plus rapidement que pratiquement toute autre espèce végétale des terres humides du Canada. Elle piège rapidement les éléments nutritifs du soleil pour former des plantes adultes de grande taille.

Dans la nature, les organismes les plus compétitifs sont ceux qui prospèrent. C'est la loi de la nature... la loi du plus fort. La salicaire est l'espèce dominante! L'écosystème aquatique finit par être étouffé par cette plante. Les eaux libres deviennent des masses solides de tiges ligneuses. Même la couverture spongieuse et boueuse des terre humides se transforme en un tapis de racines coriaces n'ayant aucune valeur alimentaire importante pour d'autres organismes vivants.

Aucun oiseau, aucun animal et aucun des poisson du Canada ne se nourrit d'une partie quelconque de la plante. Cela signifie que les habitants des terres humides se nourrissent autour de la salicaire, faisant diparaître du même coup les populations végétale indigènes qui restent et détruisant leur propre habitat! À mesure que la végétation indigènes est consommée, la salicaire trouve plus d'espace pour faire germer ses graines.

Les mesures de lutte, dont le brûlage, le fauchage et l'inondation, ont eu peu de succès. Les gouvernements fédéral et provinicaux, les universités et les organismes privés collaborent à la mise au point de moyens de lutte respectant l'environment. Des recherches sont en cours au Canada et aux États-Unis, mais les chances de trouve une solution immédiate sont minces. Aucun agent de lutte biologique n'est approuvé et aucun produit chimique n'est homologué au Canada pour la suppression de la salicaire.

Il faut arrêter l'envahisseur

La meilleure chose à faire pour le moment est d'empêcher la salicaire de se répandre. Nous devons travailler ensemble pour prévenir toute plantation et toute invasion naturelle. Si nous n'arrêtons pas la salicaire pourpre mainenant, le fardeau fiscal des contribuables ne fera qu'augmenter à mesure que nos voies d'eau et nos terre humides seront envahies.

Que pouvez-vous faire?

Le défi à relever est de taille: comment peut-on se débarrasser des milliards de salicaires pourpres déjà présentes sur le continent? Les salicaires peuvent être arrachées, mais cette méthod, efficace à une petite échelle, n'est pas pratique sur les sites infestés. Dans les plantations locales et les jardins de fleurs, vous pouvez faire votre part en arrachant la plante et en la brûlant avec ses racines et ses graines. Vous pouvez aider vos amis et vos voisins à en faire autant. Découragez toute nouvelle plantation! Obtenez auprès de votre pépiniériste local ou d'une association d'horticulture des reseignements sur d'autres espèces.

Signalez la présence de salicaire pourpre

Avant qu'un programme d'élimination plus intensif à l'échelle du Canada puisse être élaboré, il faut recueillir plus de renseignements sur les régions infestées. L'emplacement et le degré d'infestation des sites où l'on trouve des salicaires pourpres devraient être signalés. Il sera ainsi possible d'intervenir rapidement une fois ue les mesures d'élimination seront ar point. Si vous connaissez des endroits infestés, remplissez le formulaire cijoint. En collaborant, nous pouvons supprimer cette menace pour nos précieuses terres humides.

Pour plus de rensiegenments sur la présence de salicaire pourpre dans votre région, communiquez avec un bureau de Canards Illimités Canada ou du Service canadien de la faune, ou écrivez à la Fédération canadienne de la faune à Ottawa.

Partenaires en conservation des terres humides


Fédération canadienne de la faune
2740 Queensview Drive
Ottawa, Ontario K2B 1A2
Télécopieur: (613) 721-2902